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Information sur l'Etude Détaillée des Risques du site Kodak à Vincennes - 30 mai 2003
 
COMMENTAIRES DU COLLECTIF VIGILANCE FRANKLIN
 
 

RESUME DES RESULTATS DES INVESTIGATIONS

 

  1/ La pollution de la nappe phréatique est confirmée

  De part et d'autre de l'avenue du Petit Parc au niveau de la résidence (lieu d'implantation de l'ancienne usine), avec des quantités de chlorure de vinyle (cancérogène) trois fois plus importantes que l'année dernière, et surtout sur une plus grande distance. On retrouve également du trichloroéthylène (cancérogène) du benzène (cancérogène) et de l'acétone et de l'alcool, essentiellement à l'ouest de la résidence (en PZ2)

  Sous l'école (en PZ1) du trichlorofuorométhane (fréon 11) de l'acétone (non cancérogène) et du chrome VI (cancérogène mais non volatile) sont retrouvés.

  Face à la bibliothèque, à côté de l'école (en PZ12) on retrouve des HAP (cancérogènes) en grande quantité

  2/ Gaz du sol : des anomalies en nombre limité mais surtout de nombreuses questions demeurent sans réponse

Certaines parties du site révèlent des anomalies (la partie sud-ouest et l'école (en PZ1)) en trichloroéthylène, tétrachloroéthylène (perchlo) et trichlorofluorométhane à des concentrations de 1 à 10 mg/m3.

On ne note cependant pas d'anomalie dans les gaz du sol à côté du PZ2, alors que c'est l'endroit où la nappe apparaît la plus polluée ! !

Même s'il est possible que les anomalies retrouvées dans les gaz du sol ne soient pas forcément en rapport avec les anomalies retrouvées dans la nappe sur un même secteur, cela nous oblige cependant à nous interroger sur la fiabilité de certains résultats.

Une réelle exploration des transferts (nappe vers air extérieur) est certainement plus compliquée qu'une simple recherche des gaz du sol en quelques points.

  3/ L'air ambiant

Dans l'école (qui est à l'emplacement d'une ex-unité de fabrication et très proche de la centrale frigorifique) le trichlorofluorométhane est retrouvé à des quantités supérieures à celles normalement observées (3 fois plus).

  Le transfert est donc prouvé pour cette molécule : de la nappe vers les gaz du sol (dans le parking), puis vers l'air ambiant dans les classes du rez de chaussée.

La comparaison faite par l'URS (Kodak) entre le quartier sud de Vincennes et trois zones témoins est dans son ensemble sans intérêt. Les erreurs se succèdent apportant peu de crédit à l'étude et aux conclusions. Les commentaires sur cette étude seront bientôt terminés.

 

LES LIMITES DE CETTE ETUDE SONT NOMBREUSES

 

  1/ Une Etude Détaillée des Risques sur un lieu déjà construit est une première

De ce fait est une première la comparaison avec des zones dites 'témoins' et une étude des transferts en étudiant les gaz du sol (où aucune valeur officielle n'est publiée à ce jour). Les incertitudes qui en résultent sont grandes principalement du fait de ne baser les études que sur un seul prélèvement, alors que les concentrations de substances peuvent subir des fluctuations saisonnières importantes.

  2/ Les incertitudes concernant la composition de la nappe, de la terre et de l'air restent globalement impressionnantes

Parmi les 427 substances utilisées par Kodak uniquement 32 ont un classement pour leurs caractères cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les autres substances ne font l'objet, dans l'état actuel des connaissances, d'aucun classement. De plus l'interaction des polluants ne peut pas être estimée car aucune étude épidémiologique n'aborde cet aspect.

On ne trouve que ce que l'on cherche et sur les 427 molécules utilisées par Kodak, seules 17 sont recherchées dans l'air ambiant, 46 dans l'eau et 44 dans les sols. Les difficultés rencontrées par Kodak pour faire analyser plus de molécules sont importantes : analyses non-standards et temps impartis pour cette étude trop court (EDR de 12 mois).

Nous rappelons que les tests de génotoxicité globaux sur terre et eau, réclamés des le départ par le C.V.F., étaient des analyses qui pouvaient pallier ces manques, et pouvaient donner une réponse à nos questions premières : les cancers d'enfants sont-ils liés à la friche industrielle, y-a-t-il un risque à vivre sur ou à côté d'une friche industrielle comme celle de Kodak?

  3/ Les incertitudes concernant les lieux d'investigation

  Aucun lieu d'habitation des enfants qui ont été atteints de cancer n'a été étudié

  4/ Les voies de transferts n'ont pas été étudiées

Il est à rappeler que les zones polluées connues à ce jour sont :

  • les zones de stockages
  • les zones de rectification des solvants usagés
  • les zones de fabrication, où des tonnages importants de produits étaient manipulés chaque année (bâtiment M) vers le PZ1 où se trouve l'école.

Des substances cancérogènes sont retrouvées dans la nappe, en revanche peu de molécules sont retrouvées dans les gaz du sol ou l'air ambiant aux mêmes endroits. Un raccourci rapide peut permettre d'en conclure que la nappe est confinée… Ce qui n'est sans doute pas exact quand la nappe monte.

Par ailleurs, il a été démontré que les gaz de la nappe sont attirés sous les constructions (migration unidimensionnelle des vapeurs en provenance du sol et des eaux souterraines par diffusion et convection) atteignant l'intérieur des bâtiments par les fissures entre dalles de sol et les murs et fondations des bâtiments, constituant alors des voies de transferts 'privilégiés'.

Si nous nous en tenons aux résultats qui ressortent de cette étude :

  • soit nous avons à faire à des problèmes liés à la méthodologie et aux analyses
  • soit les voies de transferts n'ont pas été étudiées correctement.

 

CONCLUSION

 

L'impact de la pollution résiduelle laissée par Kodak est confirmé, 16 ans après la fermeture du site. Ce quartier est pollué par des substances extrêmement cancérogènes.

Nous demandons dès à présent que soit réalisé un examen approfondi des transferts dans le cadre de l'EDR.

Nous demanderons dès la prochaine réunion du Comité de Suivi que soit envisagé le plus rapidement possible une dépollution des zones impactées et que soit assuré un suivi ultérieur de la nappe phréatique


RAPPELONS QUE SEVRAN, AUTRE SITE INDUSTRIEL DE KODAK, EST A CE JOUR, EN COURS DE DEPOLLUTION (TERRE ET NAPPE PHREATIQUE). AUCUNE ECOLE, AUCUN LIEU D'HABITATION NE POURRA Y ETRE CONSTRUIT.
A VINCENNES, DES HABITATIONS ET UNE ECOLE MATERNELLE ONT ETE CONSTRUITES, SANS AUCUNE PRECAUTION, SUR UNE FRICHE INDUSTRIELLE.

 

Nous ne devons pas payer de notre santé les erreurs du passé.

 

   Collectif Vigilance Franklin.

 

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