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Kodak a remis l’Etude Détaillée des Risques sur son ancien site industriel à Vincennes, début juin, au Préfet du Val-de-Marne.
Seules trois données émergent de tous les rapports fournis :
a/
L’EDR confirme qu’en certains points la nappe (au contact par exemple des bâtiments UFG) est très fortement polluée par au moins un cancérogène particulièrement dangereux pour les nouveaux-nés, le chlorure de vinyle. La concentration dans l’eau en un point est 3.5 fois plus forte que la concentration maximum trouvée dans toutes les études américaines, très nombreuses, sur la pollution des eaux souterraines.
b/
L’EDR permet de vérifier – ce qui est également connu dans les études américaines – que les poches de pollution ne sont pas immobiles et stables en composition. Elles évoluent en position et composition.
c/
L’étude des gaz du sol (très insuffisante par ailleurs) met en évidence que le sols les plus pollués parmi les 9 sites étudiés sont sous l’école Franklin Roosevelt.
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1/
L’EDR n’est pas une étude détaillée des risques dans le quartier en cause
- Parce qu’elle ne s’intéresse qu’à une toute petite minorité des polluants dans les divers milieux.
- Parce que les risques (à l’égal d’un diagnostic fait par un médecin) ne s’évaluent pas à partir de quelques analyses faites au hasard, mais en tenant compte en priorité des lieux où sont apparus les cancers d’enfants et des lieux riches en polluants cancérogènes.
- Parce que les études par rapport à des zones témoins n’avaient de sens que si elles portaient sur l’origine des pollutions, c’est-à-dire les polluants stockés dans la nappe.
- Parce qu’elle n’a pas abordé le point essentiel à partir des résultats sur la nappe, c’est-à-dire l’étude des voies de transfert vers les habitations, en recherchant les conditions climatiques et hydrologiques permettant cers transferts.
2/
Les lacunes les plus importantes de l’EDR
Une EDR sur un site bâti où il y a 6 cancers de jeunes enfants en 6 ans n’est pas une opération de routine sur une friche industrielle quelconque. C’est une opération de recherche, aussi aurait-il fallu prévoir :
- Des études de génotoxicité globale sur les eaux souterraines et les terres les plus susceptibles de jouer le rôle de voies de transfert vers les habitations. Ces études globales étaient d’autant plus nécessaires qu’on ne sait rien sur les propriétés toxiques de la grande majorité des produits utilisés par Kodak.
- Des études de transfert en modélisant les chemins possibles depuis la nappe jusqu’aux logements ou aux caves et parkings, y compris en recherchant dans les immeubles les voies de transfert possibles comme les gaines et circuits de ventilation.
3/
Une EDR inutile
Des analyses, des confrontations statistiques, des dizaines et dizaines de kg de papiers inutiles. De multiples omissions et erreurs, sans compter la non prise en compte de plus d’une dizaine de millier de litres de trichloroéthylène – entrant chaque année dans l’usine pour la maintenance et non la production, alors qu’au stade actuel des connaissances ce sont les produits de dégradation du trichloroéthylène qui jouent le principal rôle dans la toxicité de la nappe !!
4/
Que ce site soit pollué n’est pas une nouveauté
Dès 1979, la pollution de l’air et des effluents émis par l’industrie étaient connus de la Préfecture. En 1981, le Ministère de l’Environnement exige de l’usine des modifications visant à diminuer la quantité de certains effluents toxiques. Les dirigeants de l’usine programment la fermeture des ateliers de fabrication pour 1983.
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Notre conclusion est donc que l’EDR, telle qu’elle a été remise, doit être refusée car ne répondant pas aux besoins en matière de santé publique dans le quartier Sud de Vincennes, ne serait-ce que parce qu’elle ne propose aucune mesure de dépollution.
Si une telle étude était venue en amont d’une éventuelle réhabilitation de ce site, aucune école maternelle, aucune habitation n’aurait vu le jour en son lieu et place.
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